Romains 5,12 — « parce que tous ont péché » : la mort universelle, mais la faute personnelle
Romains 5,12 est le locus classicus de la doctrine augustinienne du péché originel. Pourtant la locution grecque eph’ hô pantes hêmarton ne signifie pas « en lui [Adam] tous ont péché » (ainsi la glose de la Vulgate in quo), mais elle est causale : « parce que tous ont péché ». La mort est universelle parce que le péché est universel — mais il est l’acte personnel de chacun, non une faute héritée. Ainsi les textes majeurs de la Torah (Deutéronome 24,16), de la prophétie (Ézéchiel 18 ; Jérémie 31) et de l’apôtre (Romains 2,6) retrouvent une seule et même ligne biblique.
« C’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort a atteint tous les hommes, parce que tous ont péché… »
Romains 5,12
Contexte
Romains 5,12-21 est le grand passage Adam-Christ de l’épître aux Romains, composé avec le plus grand soin. Paul construit un parallèle typologique : comme par Adam le péché et la mort sont entrés dans le monde, ainsi le Christ introduit la justice et la vie. Le v. 12 ouvre cette comparaison, commence par diá touto (« c’est pourquoi ») et s’interrompt, au sens classique de l’anacoluthe, au milieu de la phrase. Ce n’est qu’au v. 18 que la comparaison est reprise et conclue : « comme par la faute d’un seul — ainsi par la justice d’un seul ».
Dans le fil immédiat de l’argumentation (Romains 5,1-11), Paul vient de déployer les conséquences salutaires de la justification : réconciliation par la mort du Christ, espérance dans la tribulation, amour de Dieu répandu par l’Esprit Saint. Le v. 12-21 replace ce mouvement de salut dans l’horizon plus large de l’histoire de l’humanité et le met en contraste avec l’effet originel d’Adam. Paul ne vise donc pas d’abord une doctrine du péché originel, mais la portée universelle de l’œuvre de salut du Christ.
La proposition clé eph’ hô pantes hêmarton était déjà controversée dans la théologie patristique grecque. Théodore de Mopsueste, Cyrille d’Alexandrie et Jean Chrysostome la lisaient au sens causal (« parce que tous ont péché ») ; la Vulgate latine traduit par in quo (« en qui »), sur quoi Augustin, dans la controverse pélagienne, édifia dogmatiquement la doctrine du péché originel. Le point de litige exégétique n’est donc pas une question particulière aux Sociniens, mais une vieille tension de l’histoire de l’interprétation.
Romains 5,13-14 complète le tableau : « Car jusqu’à la loi le péché était dans le monde ; mais le péché n’est pas imputé quand il n’y a point de loi. Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui n’avaient pas péché de la même manière qu’Adam. » Paul distingue ainsi expressément la transgression du commandement par Adam du péché de ses descendants. Cette différenciation s’accorde mal avec une doctrine où tous les descendants se chargent, à travers Adam, de la même faute — mais très bien avec la lecture socinienne, dans laquelle Adam ouvre la mortalité comme condition, tandis que chaque péché personnel est imputé selon sa propre mesure.
Thèse socinienne centrale
Le point décisif est la lecture de eph’ hô. La traduction de la Vulgate in quo fait de la particule grecque un pronom relatif renvoyant à Adam : « en qui (Adam) tous ont péché ». La doctrine augustinienne du péché originel se trouve ainsi fondée dans le texte. La grammaire grecque ne porte cependant pas cette traduction : eph’ hô est une locution conjonctive (cf. Romains 8,3 ; 2 Corinthiens 5,4 ; Philippiens 3,12 ; 4,10 ; Hébreux 2,18) et signifie constamment « parce que », « dans la mesure où » ou « du fait que ».
La lecture socinienne est donc : la mort a passé sur tous les hommes parce que tous ont péché — non parce qu’Adam a péché. Le verset affirme une double assertion : Adam a introduit le péché et la mort dans le monde (v. 12a-b : diá tou henós anthrôpou) ; mais chaque homme est atteint par la mort en raison de son propre acte (v. 12d : eph’ hô pantes hêmarton). Les deux moitiés du verset vont ensemble, mais elles ne disent pas la même chose.
Cette lecture est confirmée par le verset qui suit immédiatement. Romains 5,13 enseigne : « le péché n’est pas imputé quand il n’y a point de loi. » Si le péché visé au v. 12 était le péché originel, il devrait être imputé indépendamment de la loi — ce que le v. 13 nie expressément. Le péché visé ici doit être un péché saisi par la loi, c’est-à-dire commis personnellement (peccatum actuale). Au v. 12, Paul ne parle pas d’un péché hérité, mais d’un péché effectif.
Le socinianisme accepte le rôle d’Adam comme porte d’entrée originelle du péché et de la mort dans l’histoire de l’humanité. Adam a réellement péché, avec des conséquences, et par lui la mortalité est devenue la condition humaine commune. Mais l’acte d’Adam n’est imputé à personne ; chaque homme vit dans le monde ouvert par Adam et y péche lui-même. L’universalité du péché est une vérité empirique, non un acte juridique d’imputation.
Eph’ hô pantes hêmarton — « parce que tous ont péché ». La mort est universelle parce que le péché est universel ; mais il est un acte personnel, non une faute héritée. Adam a ouvert la condition ; chaque homme y péche lui-même et meurt pour cette raison. La doctrine augustinienne du péché originel tient à une unique glose de la Vulgate, que l’original grec ne porte pas.
Exégèse : termes clés et champ lexical
Quatre observations philologiques tranchent l’interprétation de Romains 5,12 et montrent pourquoi la lecture causale rend mieux justice au texte grec :
eph’ hô — la particule controversée
La locution eph’ hô se compose de la préposition epí avec le datif du pronom relatif hós. Dans le grec hellénistique, elle est très majoritairement employée de manière conjonctive et signifie « à l’égard de quoi », « en raison de quoi » ou simplement, au sens causal, « parce que ». Une lecture pronominale renvoyant à un antécédent concret (comme l’in quo de la Vulgate) est grammaticalement possible, mais peu probable dans l’usage du Nouveau Testament.
Les quatre passages parallèles pauliniens tranchent la question : Romains 8,3 (eph’ hô oudeís en humîn : « dans la mesure où nul parmi vous ») ; 2 Corinthiens 5,4 (eph’ hô ou thélomen ekdýsasthai : « parce que / en ce sens que nous ne voulons pas être dépouillés ») ; Philippiens 3,12 (eph’ hô kai katelêmphthên : « c’est pourquoi j’ai moi-même été saisi ») ; Philippiens 4,10 (eph’ hô kai ephroneîte : « ce à quoi vous pensiez aussi »). Dans les quatre cas, la lecture est conjonctive, et non pronominale avec renvoi à Adam.
Le fondement de la lecture de la Vulgate est ainsi épuisé. Si Paul emploie constamment eph’ hô de manière conjonctive, il est méthodologiquement inadmissible d’introduire en un seul endroit — Romains 5,12 — une lecture pronominale, dans le seul but de sauver une affirmation dogmatique. Le renvoi à Adam est en outre syntaxiquement problématique, car Adam, au v. 12, n’est mentionné comme henás anthrôpou que bien plus haut et n’est plus le sujet dans les mots immédiatement précédents.
hêmarton — l’aoriste comme indice d’un acte concret
Hêmarton est l’aoriste de l’indicatif actif, 3e personne du pluriel de hamartánô, « pécher ». En grec, l’aoriste désigne l’acte ponctuel et achevé, non un état. Une disposition héritée s’exprimerait plutôt par le parfait (« ils sont en état de péché ») ou le présent (« ils sont durablement pécheurs »). L’aoriste dirige le regard vers des actes concrets.
Il en résulte une affirmation précise : « tous ont péché » — au sens où chacun s’est rendu coupable, dans sa vie, d’un ou de plusieurs actes de péché. C’est une affirmation empirique sur la réalité de la vie humaine, non une affirmation ontologique sur une faute héritée. Romains 3,23 (« tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ») répète ce constat empirique.
Si Paul avait voulu parler d’une nature coupable héritée, il aurait choisi des mots comme ginomai (« devenir, venir au monde en tant que »), hamartoloií gegenêmenoi (« devenus pécheurs ») ou une forme avec physísis (« par nature »). Le choix de l’aoriste hêmarton parle clairement contre l’interprétation par le péché originel et en faveur de la lecture causale de l’acte.
diá tou henós anthrôpou — « par le seul homme »
La locution diá avec le génitif désigne en grec un passage causal ou instrumental : « par », « au moyen de ». Elle produit un effet qui passe à travers ce qui est nommé ; elle ne signifie pas « en substitution de » ni « à la place de ». Adam est donc le point d’entrée causal du péché dans le monde, non le porteur substitutif de la faute de tous.
Le langage demeure constant tout au long du contexte : le v. 16 parle de krima ek henós eis katakríma, « jugement venant d’un seul pour la condamnation » ; le v. 17 de tô tou henós paraptômati ho thánatos ebasíleusen, « par la faute d’un seul la mort a régné ». L’image n’est pas celle d’une substitution juridique, mais d’une réalité ouverte dans l’histoire. Adam est l’initiateur et la porte, non le représentant.
Sozzini lui-même accepte expressément cette logique : la peine fixée pour le péché d’Adam, à savoir la mortalité, concerne toute sa descendance — mais non parce qu’elle aurait péché, plutôt parce qu’elle descend de lui. La mortalité est conséquence de la filiation ; la faute demeure personnelle.
thánatos dieléthen — « la mort a atteint »
Dieléthen est l’aoriste de diérchomai (« passer à travers, se répandre ») et désigne une diffusion générale. La mort a atteint tous les hommes ; c’est le fait universel. La seule question est de savoir si cette universalité advient par le seul acte d’Adam ou par le péché personnel de tous — et le v. 12d donne la réponse : eph’ hô pantes hêmarton.
La précision est remarquable : Paul ne dit pas he hamártia dieléthen (« le péché a atteint »), mais thánatos dieléthen (« la mort a atteint »). La mort est la conséquence universelle ; le péché est la condition universelle. Mais la condition universelle du péché n’est pas une faute héritée ; c’est un acte sans cesse renouvelé (hêmarton, aoriste !).
Comparaison des interprétations
Référence à Fausto Sozzini
Le Catéchisme de Raców, principal résumé dogmatique de la communauté des Frères polonais, consacre à Romains 5,12 une explication philologique expresse. À l’objection classique « Mais Paul ne dit-il pas, en Romains 5,12, qu’en Adam tous ont péché ? », le Catéchisme répond par une analyse grammaticale précise, qui formule en même temps la lecture socinienne centrale :
En ce passage il n’est pas dit qu’en Adam tous ont péché, car ni l’ordre des mots — puisque Adam a été nommé bien plus haut et n’est pas à sous-entendre dans les mots immédiatement précédents — ni la particule grecque eph’ hô, dont Paul se sert, n’autorisent cette interprétation. C’est pourquoi ces mots, que certains traducteurs rendent par « en qui », doivent plutôt être rendus par « dans la mesure où » ou « parce que » ou « du fait que », comme on le voit par des passages comparables en Romains 8,3, 2 Corinthiens 5,4 et Hébreux 2,18 : de sorte que Paul dit que la mort a passé sur les hommes parce que, ou dans la mesure où, tous ont péché.
Fausto Sozzini, Catéchisme de Raców, chapitre « Le péché originel et le libre arbitre »
Le Catéchisme argumente sur deux plans à la fois. D’abord syntaxiquement : Adam est nommé au v. 12 comme point d’entrée causal du péché (diá tou henós anthrôpou), mais le eph’ hô qui suit ne peut se rapporter directement à lui, car Adam « a été nommé bien plus haut et n’est pas à sous-entendre dans les mots immédiatement précédents ». Ensuite lexicalement : les parallèles pauliniens Romains 8,3, 2 Corinthiens 5,4 et Hébreux 2,18 emploient eph’ hô de manière conjonctive. La lecture causale n’est donc pas une interprétation socinienne particulière, mais l’usage paulinien standard de la particule.
La suite du texte du Catéchisme est décisive : Catéchisme de Raców, chapitre « Le péché originel et le libre arbitre » — « Or il parle partout du péché effectif, comme le montre ce qui suit, lorsqu’il dit : ‘Car jusqu’à la loi le péché était dans le monde, mais le péché n’est pas imputé quand il n’y a point de loi.’ Ces mots montrent en effet qu’il s’agit d’un péché interdit par la loi, ce que n’est pas ce péché originel, mais bien le péché effectif. » L’argumentation est intra-exégétique : le v. 13 lui-même tranche la question, car le péché originel serait précisément imputé sans loi, tandis que Paul vise un péché saisi par la loi — donc effectif.
L’ajout anthropologique du même chapitre est remarquable : Catéchisme de Raców, chapitre « Le péché originel et le libre arbitre » — « Par la chute d’Adam, la nature de l’homme n’a nullement été corrompue au point que, dans ce que Dieu exige de lui…, il aurait été privé de la liberté et de la faculté de décider d’obéir ou de ne pas obéir à Dieu. … Et la chute d’Adam, étant un acte unique, ne pouvait avoir la puissance de corrompre la nature d’Adam, encore moins celle de ses descendants. » Un acte unique — même celui de l’ancêtre — n’a pas la puissance ontique de transformer la nature humaine comme telle ; c’est une intuition fondamentale de la théologie de la création et de la philosophie.
Sozzini formule ailleurs la même logique dans le langage de la condition plutôt que de l’imputation : Catéchisme de Raców, chapitre « La transgression d’Adam » — « Le premier homme a transgressé le commandement manifeste de Dieu, auquel était jointe la menace de la mort. Il arriva en outre qu’il entraîna avec lui toute sa descendance dans la même assignation à la mort ; cependant, chez les adultes, s’y ajouta la faute propre de chacun, dont la force fut ensuite accrue par la loi manifeste de Dieu que les hommes avaient transgressée. » La mortalité vient par Adam (comme condition) ; la faute personnelle vient par chaque homme lui-même (comme faute propre). C’est précisément cette distinction qui porte la lecture causale de Romains 5,12d.
Dans son traité De la justification, Sozzini formule la même position de manière polémique et tranchée : Fausto Sozzini, De la justification, dialogue Jean-Christophe, section « La grâce de Dieu, le péché et le rejet du péché originel » — « Cette invention du péché originel, ou de la faute des parents, est en effet une fable juive… Or il serait injuste que nous dussions expier ce que nous n’avons pas péché, puisque Dieu lui-même a affirmé que le fils ne portera pas l’iniquité du père, mais que chacun mourra de sa propre faute. » Sozzini tient la doctrine du péché originel non seulement pour exégétiquement intenable, mais pour impossible du point de vue de la théorie de la justice : une faute sans acte personnel est une contradiction logique et théologique.
Sozzini conclut par l’argument propre de Paul : « C’est pourquoi Paul aussi, lorsqu’il convainquit de péché les Juifs comme les païens par la raison, l’expérience et les témoignages de l’Écriture, n’accusa pas le péché des parents ou d’Adam ou une nature corrompue, mais imputa la faute à ceux-là mêmes qui péchaient » Fausto Sozzini, De la justification, dialogue Jean-Christophe, section « La grâce de Dieu, le péché et le rejet du péché originel ». Paul est donc son propre meilleur témoin contre l’interprétation augustinienne de Romains 5,12 : Romains 1-3 n’accuse pas une faute héritée, mais les actes effectifs des Juifs et des païens.
Aperçu des livres : les écrits de Sozzini
Arguments logiques
De la grammaire grecque, du contexte immédiat et de la langue paulinienne dans son ensemble découlent les arguments suivants en faveur de la lecture causale, non augustinienne, de Romains 5,12 :
- Argument tiré de eph’ hô dans les parallèles pauliniens. Paul lui-même emploie eph’ hô en Romains 8,3, 2 Corinthiens 5,4, Philippiens 3,12 et Philippiens 4,10 de manière constamment conjonctive, non pronominale avec antécédent. Une lecture pronominale en Romains 5,12 contredit l’usage paulinien dans tous les autres témoignages. Ce n’est pas un détail, mais un fait méthodologiquement décisif : une lecture théologique qui doit s’imposer en un seul endroit contre l’usage propre de l’auteur repose sur des pieds d’argile.
- Argument tiré de la distance syntaxique à Adam. Adam est nommé au v. 12a comme diá tou henós anthrôpou, donc « bien plus haut », comme le remarque à juste titre le Catéchisme de Raców. Dans les mots immédiatement précédents, il est question de thánatos (la mort). Un renvoi pronominal serait grammaticalement plus facile à rapporter à thánatos qu’à Adam — mais cela n’a aucun sens. La seule lecture tenable est la lecture conjonctive-causale.
- Argument tiré du v. 13. Paul explique dans le verset qui suit immédiatement : « là où il n’y a point de loi, le péché n’est pas imputé ». Si le péché visé au v. 12 était le péché originel, il devrait être imputé même sans loi — ce que le v. 13 exclut expressément. Par conséquent, le v. 12 ne peut viser le péché originel, mais doit viser le péché saisi par la loi, c’est-à-dire commis personnellement.
- Argument tiré de l’aoriste hêmarton. L’aoriste grec désigne des actes concrets et achevés, non des états hérités. « Tous ont péché » est, à l’aoriste, un constat empirique sur une multiplicité d’actes, non une affirmation ontologique sur une constitution naturelle. Pour une doctrine ontique du péché originel, Paul aurait choisi d’autres formes verbales.
- Argument tiré de Romains 2,6. Paul formule son principe de jugement, quelques chapitres plus haut, sans équivoque : « Dieu rendra à chacun selon ses œuvres. » Celui qui lit Romains 5,12 à la manière augustinienne met Paul en contradiction insoluble avec lui-même — car un Dieu qui juge selon les œuvres n’impute pas une faute étrangère. La lecture causale de Romains 5,12 est la seule qui soit cohérente avec Romains 2,6.
- Argument tiré de Deutéronome 24,16. La Torah interdit, dans le droit absolu du mot-yumat à l’hophal, la peine intergénérationnelle dans les deux sens : « Les pères ne seront pas mis à mort pour les enfants, ni les enfants pour les pères ; chacun sera mis à mort pour son propre péché. » Ce que Dieu interdit dans son propre droit, il ne peut le pratiquer lui-même sur le plan sotériologique sans avoir deux justices. Cf. Deutéronome 24,16.
- Argument tiré d’Ézéchiel 18. La tradition prophétique développe dogmatiquement le principe de la Torah : « L’âme qui péche, c’est elle qui mourra. Le fils ne portera pas la faute du père. » Si la Torah, les prophètes et l’apôtre enseignent d’un commun accord la faute personnelle, Romains 5,12, lu à la manière augustinienne, serait une rupture systématique dans la logique de l’histoire du salut — une hypothèse peu probable.
- Argument tiré de la distinction condition/faute. La lecture socinienne permet de prendre Romains 5,12 pleinement : Adam a réellement introduit le péché dans le monde (condition), et par le péché la mort (conséquence de cette condition). Mais chaque homme péche lui-même et meurt pour cette raison (participation personnelle à la condition). Cette distinction lève complètement la tension entre Romains 5,12 et Deutéronome 24,16 / Ézéchiel 18 / Romains 2,6.
- Argument tiré de la transgression d’Adam comme acte unique. Un acte unique — même lourd de conséquences — n’a pas la puissance de transformer la nature humaine comme telle. Le discours sur une nature ontiquement corrompue par la chute d’Adam est philosophiquement douteux ; il suppose qu’un acte ponctuel puisse changer substantiellement l’essence d’une lignée. La conséquence de l’acte est la peine (la mortalité), non un changement substantiel de nature.
Références bibliques
Les passages suivants déploient et soutiennent la lecture causale de Romains 5,12 dans l’ensemble du témoignage biblique :
Romains 5,13 — « sans loi, le péché n’est pas imputé »
Le verset qui suit immédiatement fournit la décision intra-exégétique. Paul constate que le péché n’est imputé que là où une loi existe — or le péché originel serait précisément un péché sans transgression personnelle de la loi. Le péché visé au v. 12 doit donc être l’acte personnel saisi par la loi. Le v. 13 est ainsi la clé interne décisive contre la lecture augustinienne du v. 12.
Romains 5,14 — la mort aussi sur ceux qui n’ont pas péché comme Adam
« Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui n’avaient pas transgressé de la même manière qu’Adam. » Paul distingue ici expressément la transgression concrète du commandement par Adam du péché de ses descendants. Cette différenciation n’a de sens que si le péché des descendants est leur propre péché, non une identification héritée avec l’acte d’Adam. Le v. 14 confirme la distinction socinienne entre l’acte d’Adam comme condition et le péché personnel de tous.
Romains 2,6 — « à chacun selon ses œuvres »
Paul formule le principe paulinien du jugement trois chapitres plus haut, sans équivoque : « Dieu rendra à chacun selon ses œuvres. » Si Dieu rétribue chacun selon ses œuvres, alors il n’impute aucune faute étrangère. Romains 2,6 et Romains 5,12 doivent être lus de manière cohérente ; la lecture causale est la seule qui préserve cette cohérence. Cf. Romains 2,6.
Deutéronome 24,16 — interdiction de la peine intergénérationnelle
La Torah interdit, dans le droit absolu du mot-yumat à l’hophal, la peine intergénérationnelle dans les deux sens : « Les pères ne seront pas mis à mort pour les enfants, et les enfants ne seront pas mis à mort pour les pères ; chacun sera mis à mort pour son propre péché. » Ce que Dieu interdit dans son propre droit est l’expression de son caractère de justice — et celui-ci lie aussi son agir sotériologique. Cf. Deutéronome 24,16.
Ézéchiel 18,4.20 — « L’âme qui péche, c’est elle qui mourra »
Ézéchiel déploie prophétiquement le principe de la Torah et réfute le proverbe de la faute collective. Le verset Ézéchiel 18,20 (« Le fils ne portera pas la faute du père, et le père ne portera pas la faute du fils ») est la formulation en miroir de la lecture socinienne de Romains 5,12. Sozzini cite expressément ce passage comme preuve clé contre la doctrine du péché originel. Cf. Ézéchiel 18,20.
Jérémie 31,29-30 — la fin du proverbe sur l’héritage paternel
Jérémie annonce que, dans la nouvelle alliance, le proverbe « les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées » ne vaudra plus : « Chacun mourra pour sa propre iniquité. » Si le Christ instaure la nouvelle alliance, alors dans son royaume vaut à plus forte raison la responsabilité individuelle. Une doctrine du péché originel réintroduirait, précisément au temps du salut de la nouvelle alliance, ce que Jérémie annonce expressément comme dépassé.
Jacques 1,14-15 — le péché vient de la convoitise personnelle
« Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise ; puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché. » Jacques identifie précisément la source du péché : la convoitise personnelle, non un fardeau hérité d’Adam. Il prolonge ainsi la logique de la Torah : faute personnelle, responsabilité personnelle, aucun transfert automatique. Cf. Jacques 1,14-15.
Jean 9,2-3 — Jésus rejette la faute familiale
À la question des disciples, demandant si l’aveugle-né ou ses parents avaient péché, Jésus répond : « Ni lui n’a péché, ni ses parents. » Jésus rejette ainsi non seulement une présomption concrète de faute familiale, mais le schéma herméneutique sur lequel se construit la doctrine du péché originel. Cf. Jean 9,2-3.
Objections et réponses sociniennes
Objection 1 : Eph’ hô signifie pourtant « en qui » — c’est ainsi que toute la tradition occidentale l’a lu
La Vulgate traduit par in quo, Augustin édifie sur cette traduction la doctrine du péché originel, Thomas la confirme, le concile de Trente la canonise, les confessions réformées la reprennent. Une lecture causale est une interprétation socinienne particulière contre la tradition unanime.
L’affirmation de l’unanimité est historiquement inexacte. La théologie patristique grecque — Théodore de Mopsueste, Jean Chrysostome, Cyrille d’Alexandrie — lisait eph’ hô de manière conjonctive-causale dès l’Antiquité. La lecture augustinienne n’est pas celle de l’ancienne Église, mais celle du bas latin, déclenchée par la traduction de la Vulgate et la controverse pélagienne.
Dans l’exégèse moderne aussi, la lecture causale est le large consensus. Joseph A. Fitzmyer (commentaire de l’épître aux Romains, Anchor Bible), Douglas Moo (NICNT) et bien d’autres exégètes de premier plan donnent la préférence à la lecture conjonctive, même s’ils veulent parfois encore intégrer des traces de la théorie du péché originel dans leur interprétation théologique. La question n’est plus exégétiquement ouverte, mais dogmatiquement chargée.
Si l’on veut faire valoir la tradition comme critère, il faut choisir : tradition patristique grecque ou tradition latine-augustinienne ? Le socinianisme se réclame de la lecture grecque de l’ancienne Église, plus proche de la langue de Paul lui-même. Ce n’est pas une rupture avec la tradition, mais un choix parmi les traditions.
De plus : même une tradition unanime ne corrige pas le texte biblique. L’Écriture elle-même est mesure et norme ; si la lecture causale saisit mieux la grammaire grecque et l’usage paulinien, c’est la tradition qui doit la suivre, non l’inverse. C’est le sola Scriptura réformateur, mené jusqu’au bout.
Objection 2 : Mais Romains 5,15-19 parle pourtant clairement d’une imputation à tous de la faute d’Adam
Paul emploie aux v. 15-19, à plusieurs reprises, un langage d’imputation : krima ek henós eis katakríma (v. 16) ; tô tou henós paraptômati ho thánatos ebasíleusen (v. 17) ; diá tes parakoês tou henós anthrôpou hamártoloi katethéthêsan (v. 19). La lecture par le péché originel est donc attestée paulinienne.
Les versets cités ne parlent pas d’une imputation ontologique de la faute à chaque homme, mais de l’effet, dans l’histoire du salut, d’Adam comme point d’entrée causal du péché et de la mort. C’est la typologie paulinienne Adam-Christ : comme par Adam la mort est venue dans le monde (v. 12), ainsi par le Christ vient la vie (v. 18). Les deux moitiés du parallélisme sont formulées selon la même logique structurelle.
Sozzini lui-même accepte expressément ce parallèle typologique. Dans l’appendice de De la justification, il écrit : « De même que tous ceux qui naissent d’Adam selon la chair sont soumis à la mort, bien qu’ils n’aient pas péché comme Adam a péché… : ainsi tous ceux qui, à partir du Christ, naissent spirituellement obtiennent la vie, bien qu’ils n’obéissent pas comme le Christ lui-même a obéi. » Le parallèle ne porte pas une imputation de faute, mais une ouverture de condition dans les deux sens.
Le mot décisif est katethéthêsan (v. 19) : « ils furent établis », mais non « ils furent déclarés coupables au sens juridique ». Ils furent placés dans une situation où ils vivent comme pécheurs. C’est une histoire des effets, non une imputation. Dans le parallèle avec le Christ, il est dit de même : díkaioi katastathésontai hoi polloí, « le grand nombre sera établi juste » — là non plus une transformation substantielle, mais un changement de position.
Celui qui parle ici d’imputation doit être cohérent et l’affirmer aussi dans la seconde moitié du parallèle : que la justice du Christ est imputée forensiquement à chacun. Cela peut être accepté dans la doctrine réformée, mais cela n’a, dans le texte même, aucune base linguistique. Le parallèle typologique est un parallèle de condition et d’effet, non un parallèle d’imputation.
Enfin : l’universalité de l’effet concret — la mortalité de tous les hommes — est réelle et acceptée par le socinianisme. Ce qui est rejeté, c’est l’interprétation de cette universalité comme imputation juridique de la faute. Un effet universel peut aussi ouvrir une condition universelle sans qu’une imputation universelle de faute s’ensuive — c’est la distinction socinienne précise.
Objection 3 : S’il n’y a pas de péché originel, pourquoi les enfants meurent-ils avant tout péché propre ?
Si, selon Paul, la mort est la peine du péché personnel, alors les nourrissons et les petits enfants, qui n’ont pu commettre encore aucun péché propre, devraient être immortels. Or ils meurent réellement — il doit donc exister une faute héritée qui justifie cette mortalité.
L’objection suppose ce qu’elle veut prouver : que la mortalité ne pourrait être comprise que comme une peine. Le socinianisme n’interprète pas la mortalité d’abord comme une peine, mais comme une condition de la créaturité. Le Catéchisme de Raców enseigne expressément que l’homme a été créé mortel dès le commencement, donc par nature, et non seulement après la chute. La chute d’Adam a fermé l’accès à l’arbre de vie et a ainsi rendu présente la mortalité comme un destin inévitable — mais non comme une peine juridique infligée à des descendants innocents.
Sozzini formule précisément : la peine liée à la chute d’Adam (la mortalité) atteint toute sa descendance, mais non parce qu’elle serait personnellement coupable, plutôt parce qu’elle descend de lui. La mortalité est conséquence de la filiation, non de l’imputation. C’est un fait anthropologique, non un acte juridique. Ainsi la mort des enfants reste explicable sans leur imputer une faute.
La faute personnelle suppose un acte personnel — c’est l’affirmation précise de la Torah, des prophètes et de l’apôtre. Les enfants qui meurent avant tout acte personnel ne sont pas personnellement coupables. Leur mort fait partie de la condition créaturelle devenue inévitable par Adam, mais elle n’est pas la conséquence de leur propre faute ni d’une faute imputée. C’est la seule lecture qui rende justice à l’image biblique de Dieu.
La conséquence sotériologique : les enfants qui meurent avant le péché personnel n’ont besoin d’aucune annulation forensique de faute par un baptême ou un mérite du Christ. L’amour de Dieu les enveloppe absolument, parce qu’ils n’ont aucune faute à effacer. C’est la force pastorale de la lecture socinienne : les parents n’ont pas à s’inquiéter du sort éternel de leurs enfants défunts, parce que la condition de l’inquiétude — la faute — fait défaut.
Objection 4 : Sans péché originel, l’universalité du péché est inexplicable — pourquoi tous pèchent-ils ?
Le fait empirique que tous les hommes, sans exception, pèchent exige une explication ontologique. La seule explication plausible est une disposition héritée au péché, qui a son origine en Adam. Sans cette disposition, on devrait s’attendre à ce qu’au moins quelques hommes s’abstiennent du péché.
La prémisse selon laquelle une universalité empirique ne serait explicable que par une nécessité ontologique est philosophiquement douteuse. Un fait universel peut aussi s’expliquer par des circonstances universelles, sans qu’une transformation héritée de la substance soit nécessaire. Chaque homme naît dans un monde mortel, soumis à la tentation, marqué par des conditions — et chaque homme y échoue effectivement. L’universalité est expliquée sans qu’il faille postuler une faute héréditaire ontologique.
Le Catéchisme de Raców formule précisément : « Nous ne nions pas pour autant que la nature des hommes, par la constance du péché, soit affectée d’une certaine tache et d’une trop grande inclination au péché ; mais nous nions qu’elle soit en elle-même péché. » Une inclination au péché — due à l’éducation, à l’habitude, à la culture, à la faiblesse créaturelle — est un fait empiriquement observable. Mais elle n’est pas elle-même péché ; elle est la condition de la tentation personnelle.
Cette différenciation permet de comprendre Romains 3,23 (« tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ») comme un constat empirique d’universalité, sans l’interpréter ontologiquement comme doctrine du péché originel. Paul ne dit pas que tous sont nés pécheurs, mais que tous ont péché (aoriste) et se tiennent humblement devant Dieu. Le fait anthropologique est pris au sérieux sans verser dans une surinterprétation ontologique.
Enfin, la conséquence sotériologique des deux lectures est la même : tous les hommes ont besoin du salut du Christ. Mais ils n’en ont pas besoin pour l’annulation d’une faute héritée, plutôt pour le pardon de leurs propres actes et la libération de la puissance du péché qui règne dans le monde. La lecture causale de Romains 5,12 ne perd ni la réalité anthropologique ni l’universalité sotériologique.
L’histoire aussi confirme cette lecture : celui qui, devenu adulte, se rend coupable du péché de multiples manières ne peut se retrancher derrière une nécessité héréditaire, mais doit reconnaître ses propres actes comme siens. C’est l’appel à la conversion qui porte tout l’évangile — et qui serait incompréhensible sans une imputabilité personnelle.
Objection 5 : Sans doctrine du péché originel tombe la nécessité du baptême des enfants — et avec elle la conception catholique-réformatrice du baptême
Le baptême des enfants suppose que les nourrissons ont une faute qui doit être effacée par le sacrement. Si cette faute n’existe pas, alors le fondement théologique du baptême des enfants fait défaut. La lecture socinienne conduit à une pratique anabaptiste, qui rompt avec la tradition de l’ancienne Église.
Sozzini voyait ce lien très clairement et l’exprimait ouvertement : dans son traité De la justification, il déclare expressément que la doctrine du péché originel « a été introduite dans l’Église du Christ par l’Antichrist, afin d’affermir des doctrines pernicieuses : à savoir l’incarnation de Dieu, le baptême des enfants, mais surtout afin de maintenir les hommes dans des péchés continuels ». Le lien théologique entre péché originel et baptême des enfants n’est donc pas une construction socinienne, mais une observation socinienne.
Si la doctrine du péché originel se brisé sur Romains 5,12, Deutéronome 24,16 et Ézéchiel 18, alors le baptême des enfants perd son principal fondement. Ce n’est pas un affaiblissement de l’évangile, mais un retour au baptême de la foi du christianisme primitif (Actes 2,38 ; 8,12 ; 8,36-37 ; 10,47-48 ; 16,33 ; 18,8 ; 19,5), dans lequel le baptême suit toujours une confession personnelle. La communauté des Frères polonais, dans laquelle l’enseignement de Sozzini est devenu effectif, a pratiqué le baptême de la foi de manière conséquente.
La pratique de l’ancienne Église est du reste moins uniforme que l’objection ne le suppose. Aux premier et deuxième siècles, le baptême des enfants n’était pas généralisé ; la catéchèse et le report du baptême jusqu’à l’âge adulte étaient répandus (Tertullien, De baptismo 35-39, plède expressément contre le baptême des enfants). Le lien entre la doctrine du péché originel et la nécessité du baptême des enfants est un développement augustinien, non la position unanime de l’Église primitive.
La conséquence pastorale n’est pas une menace, mais un soulagement : les parents d’enfants morts prématurément n’ont pas à s’inquiéter de leur salut éternel, parce qu’il n’y a aucune faute à effacer. La sécurité que le baptême des enfants prétendait donner était en vérité une angoisse produite par la doctrine du péché originel, que le sacrement venait ensuite lever. Du point de vue socinien, la source de cette angoisse n’existe pas dès le départ.
Conséquences théologiques
Versets liés
Les passages suivants soutiennent, approfondissent ou contrastent l’interprétation présentée ici :
- Deutéronome 24,16 — norme de la Torah sur la faute individuelle ; fondement biblique contre la doctrine du péché originel.
- Ézéchiel 18,20 — déploiement prophétique : « Le fils ne portera pas la faute du père. »
- Romains 2,6 — principe apostolique du jugement : « à chacun selon ses œuvres. »
- Jacques 1,14-15 — le péché vient de la convoitise personnelle, non d’un fardeau hérité.
- Jean 9,2-3 — Jésus rejette la question d’une faute familiale héritée.
- Ézéchiel 18,20 — formulation en miroir de la lecture socinienne de Romains 5,12.
Résumé
Romains 5,12, lu de manière socinienne et avec la tradition patristique grecque, signifie : « La mort a passé sur tous les hommes parce que tous ont péché. » La locution grecque eph’ hô est conjonctive-causale, comme l’attestent les quatre parallèles pauliniens Romains 8,3 ; 2 Corinthiens 5,4 ; Philippiens 3,12 et 4,10. Le verset qui suit immédiatement, le v. 13, confirme cette lecture : « sans loi, le péché n’est pas imputé » — or le péché originel serait précisément un péché sans transgression personnelle de la loi.
Le Catéchisme de Raców et le traité De la justification de Fausto Sozzini formulent cette lecture avec précision et la rapportent de manière conséquente au principe de la Torah, Deutéronome 24,16, et à la ligne prophétique Ézéchiel 18 / Jérémie 31. Adam ouvre la condition de la mortalité (la mortalité de tous comme conséquence de la filiation) ; mais chaque homme pèche lui-même et meurt pour cette raison (participation personnelle à la condition). Cette distinction entre condition et faute porte toute l’anthropologie et la sotériologie sociniennes.
Ce que la doctrine du péché originel prétendait traditionnellement accomplir — expliquer l’universalité du péché, fonder la nécessité du Christ, justifier le baptême des enfants — est fondé, du point de vue socinien, autrement, mais non moins sérieusement. L’universalité du péché est un fait empirique, non une nécessité ontologique. Le salut du Christ s’adresse au péché personnel et à la mortalité ; il n’a pas à effacer une prétendue faute héritée pour être universellement efficace. Le baptême de la foi prend la place d’un baptême d’annulation de faute sur des êtres non responsables. Romains 5,12 reste ainsi ce qu’il veut être : le mot-seuil d’une comparaison paulinienne Adam-Christ, qui rend la portée du salut universelle, sans enseigner une imputation forensique de génération en génération.
